FICHE THÉMATIQUE

Les Beaux-Arts, Mainssieux et le paysage

Les paysage est un objet d’étude, mais aussi un sujet de travail inépuisable pour les artistes.
Il existe 1000 façons de représenter un paysage, en variant les techniques,
les savoir-faire et les sensibilités de chacun.

Le paysage interprété par les peintres : Lucien Mainssieux

Les paysages du Pays Voironnais inspirent les artistes.

Au début du 19e siècle, Alexandre Debelle et Victor Cassien parcourent le territoire et l’illustrent dans l’Album du Dauphiné. Leurs lithographies nous sont aujourd’hui utiles pour documenter le paysage de l’époque, mais elles révèlent aussi la liberté de l’artiste face à son sujet (introduction de scénettes imaginaires, triche avec les distances, ambiance champêtre exagérée...).

 

Un siècle plus tard, c’est le peintre Lucien Mainssieux (1885-1958), né à Voiron, qui s’intéresse à son tour aux paysages du Pays Voironnais.

Très jeune, il contracte une maladie rare qui l’oblige à rester allongé jusqu’à l’âge de 12 ans. Afin de lui fournir une solide éducation et de lui ouvrir l’esprit, son père engage de nombreux professeurs, il reçoit ainsi des enseignements artistiques. Il se révèle doué pour la peinture et la musique, apprenant longuement aux côtés de François-Joseph Girot, son premier maître de peinture. Cet enseignement se poursuit avec Jules Flandrin, peintre dauphinois qui permet à Mainssieux de développer sa carrière jusqu’à Paris.

Mainssieux est un peintre de plein air, profondément attaché à la nature ; il sort souvent son chevalet pour peindre sur le motif. Ses œuvres de jeunesse représentent principalement des paysages de la région, avec une technique composée d’aplats de couleurs piochées dans une palette restreinte (vert, bleu ou violet ; très peu de couleurs vives).

Son style s’affirme ensuite sous l’influence des modernes (notamment Corot, Cézanne, et Renoir) : il s’appuie sur sa propre observation de la nature pour composer un paysage proche du ressenti, supprimant les innombrables détails pour exprimer plutôt une atmosphère. La lumière est un de ses sujets de prédilection, toujours très raffinée dans ses tableaux.

 

A sa mort en 1958, Mainssieux fait don à sa ville natale de sa collection. Ses œuvres personnelles et celles qu’il collectionnait sont aujourd’hui visibles au Musée Mainssieux, à Voiron.

 

Mainssieux, un regard sensible porté sur Voiron

 

Vue de Voiron (vers 1895-1900)

Ce tableau est le témoin du paysage de la vallée de l’Isère tel qu’il se déploie au tournant du 20e siècle. Le peintre prend soin de faire apparaître l’École Nationale Professionnelle dans sa composition comme témoin et symbole fort de la ville et de son époque : ouverte en 1886, elle formait les futurs techniciens de l’industrie voironnaise.

Promenade du soir  (vers 1910)

Dans ce tableau, le peintre joue avec les plans et les lignes pour mieux capter le spectateur. Alors que la scène principale se situe au second plan (promeneur), il crée une véritable « porte d’entrée » avec un chemin situé au premier plan. L’attention est immédiatement portée sur le personnage, et le paysage semble converger sur ce point central.

Voiron, vue depuis le musée (1956)

On peut facilement aujourd’hui retrouver l’endroit où Mainssieux a peint ce tableau, grâce aux bâtiments qui sont toujours en place. On constate cependant sur place qu’il ne respecte pas vraiment les proportions et les perspectives, mais il rapproche artificiellement des éléments forts (colline de Vouise, Morge, usine, grand immeuble d’habitation) pour nous offrir un condensé de la ville sur le même tableau.

Voir d'autres paysages de Voiron et alentours par Lucien Mainssieux.

Tous les tableaux présentés sont aujourd’hui conservés au Musée Mainssieux à Voiron.

 

L’OPP, une interprétation artistique contemporaine du paysage

Le paysage du Pays Voironnais continue d’inspirer les artistes. L’Observatoire Photographique du Paysage en est un bon exemple : avec un nouvel outil, la photographie, il est possible de représenter le paysage d’une autre façon. L’artiste photographe peut toujours exprimer sa sensibilité en apportant un point de vue particulier.

 

    71 :
    C’est le nombre de points de vue qui ont été photographiés dans le cadre de l’Observatoire Photographique du Paysage du Pays Voironnais, en 2016 et en 2018. Ils seront re-photographiés à l’avenir pour analyser la mutation des paysages.