FICHE THÉMATIQUE

La géologie et le paysage

Le paysage est un mille-feuille construit à l’échelle de millions d’années, au grès des mouvements tectoniques de la croûte terrestre et des variations climatiques. La géologie permet donc de comprendre le dessin des paysages du Pays Voironnais aujourd’hui.

Une histoire géologique mouvementée

Chronologie  de la construction géologique du territoire, il y a…

  • 15 millions d’années (ère Tertiaire) : accumulation de plus de 1000m de sédiments  (sur le territoire et au-delà au seuil des Alpes naissantes), apportés en grande partie par les fleuves descendants de la montagne en construction. C’est à cette période que se forme la molasse et les conglomérats/poudingues.
  • 6 millions d’années (fin du Miocène) : fermeture du détroit de Gibraltar, la Méditerranée n’est plus alimentée par l’océan Atlantique. Le niveau de la mer baisse considérablement (de plusieurs centaines de mètres), et entraîne l’accélération du creusement des vallées par les cours d’eau.
  • 1 millions d’années (ère Quaternaire) : les glaciers s’engouffrent dans ces vallées, qu’ils continuent de raboter et de sculpter.
  • entre 70 000 et 20 000 ans (dernière glaciation/de Würm) : les vallées sont comblées par les langues des glaciers de l’Isère et du Rhône. Ils sont au plus haut et remplissent les cuvettes jusqu’à atteindre la hauteur de certains reliefs comme la montagne de la Vouise, à Voiron, dont seul le sommet émerge des glaces.
  • 12000 ans : le climat se  réchauffe, les glaciers fondent et laissent place aux lac, cours d’eau et zones humides que l’on connaît aujourd’hui.

 

 

Un héritage géologique qui dessine les paysages d’aujourd’hui

Toute cette série d’évènements géologique est responsable du modelé des paysages d’aujourd’hui qui distingue 4 grandes familles géographiques sur le territoire : les vallées du Nord (Ainan et Paladru), les collines du voironnais au centre, la plaine de l’Isère au sud et les montagnes à l’est (Ratz et Chartreuse).

Quelques indices sont parfois visibles : roches à la stratification marquée, galets qui affleurent dans les champs pourtant éloignés des cours d’eau, creusement du lac de Paladru où l’on imagine facilement la silhouette du glacier…

Les matériaux de construction utilisés sur le territoire révèlent eux aussi la nature des sols. Ainsi, l’architecture traditionnelle des contreforts de Chartreuse utilise principalement la pierre (molasse…), alors que les constructions en terre sont particulièrement présentes au nord du territoire : on recense par exemple au moins 34 % de bâtiments en pisé à Velanne, alors qu’un seul a été repéré à Pommiers-la-Placette (La Sure en Chartreuse).

 

Un paysage géologique acquis pour des millénaires

L’empreinte géologique dans le paysage se construit dans un temps si long qu’il est presque impossible d’observer sa progression à l’échelle humaine.

Elle permet néanmoins de mieux comprendre et de relativiser certains évènements : les variations du niveau du lac de Paladru, par exemple, sont naturelles bien qu’elles nous alertent sur les effets du réchauffement climatique.

 

Près de 2 m :
C’est la baisse du niveau du lac enregistré à Charavines en 2018

Sources

  • Maison de Pays des 3 vals – Lac de Paladru, Territoire en vues, 2010

  • Dora Studer, Clés de lecture et enjeux de l’architecture de terre en Pays Voironnais, 2016

    Mémoire d’études, ENSAG
  • Schéma de secteur du Pays Voironnais (2015)

    Document d’urbanisme
  • Service d’information géographique du Pays Voironnais

    Outil cartographique