FICHE THÉMATIQUE

Paysage rural, paysage urbain

Par sa façon d’habiter le paysage, l’Homme compose un tableau particulier. L’analyse de l’occupation humaine d’un espace permet ainsi de décrire plus précisément et même de qualifier un paysage.

Un territoire divisé entre paysage rural au nord et urbain au sud

L’occupation des sols permet de séparer le Pays Voironnais en deux grands ensembles : dans la moitié nord, un paysage plutôt rural, peu construit, peu habité (≈ 29 % de la population totale) et encore très agricole ; dans la moitié sud, un paysage plus urbain et qui rassemble de nombreux habitants (≈ 71 % de la population totale) et l’essentiel de l’activité économique et industrielle.

 

Des morphologies de villes et villages différenciées

Contraintes par la topographie, chacun de ces deux façons d’occuper l’espace crée des profils de paysage bien différents.

Restés agricole en raison d’un relief contraignant, la partie Nord est ponctuée de villages. Ils sont généralement composés d’un bourg, construit autour de quelques édifices publics (mairie, église, école…) et avec un réseau d’habitations resserrées, auquel s’ajoutent plusieurs hameaux ou fermes isolées installés en périphérie, souvent le long d’une route,  à une intersection stratégique, ou à proximité des espaces agricoles.

Au Sud, les grandes surfaces planes et les petites collines bien exposées sont particulièrement favorables à l’installation humaine et au développement urbain. Près de 60 % de la population du territoire habite d’ailleurs une des 5 villes qui s’y concentrent : Voiron, Voreppe, Moirans, Tullins et Rives. Chacune d’entre elle s’est construite différemment selon ses propres contraintes ou ressources : en pied de coteau, à flanc de montagne, orienté vers une vallée, structurée autour d’une importante voie de communication, le long d’un cours d’eau...

 

 

Des villes, villages et paysages menacés par la dispersion urbaine

En ville comme à la campagne, une nouvelle catégorie de paysage se développe : le périurbain.

De nouveaux quartiers se développent en périphérie des villes et villages en rupture avec leur forme traditionnelle. Habitat diffus dans des zones pavillonnaires, mélange des genres dans un même espace (habitations, activités agricoles, surfaces commerciales, espaces naturels…), forte consommation en espace et en équipements  (routes, alimentation en eau potable, réseaux électrique et des eaux usées…), concurrence avec les centres urbains et bourgs qui perdent leur dynamisme… La périurbanisation remet en question la façon de composer la cité.

Cette nouvelle façon d’occuper l’espace pose également problème dans la façon de percevoir les paysages : les contours des villes et villages ne sont plus clairement visibles, les différents espaces ne sont plus clairement séparés, et le paysage perd en équilibre et en lisibilité.

 

 

Mitage :
nom donné à l’étalement urbain qui n’est pas homogène,  fait d’espaces pleins et d’espaces vides, comme des trous de mites dans un tissus.

Sources